Vos enfants sont ingrats : est-il possible de les déshériter ?

Vos enfants sont ingrats : est-il possible de les déshériter ?

Publié le : 15/03/2024 15 mars mars 03 2024

En droit français, il est en principe impossible de déshériter ses enfants. En effet, chaque enfant est un héritier réservataire, ce qui signifie qu’une fraction du patrimoine, appelée réserve héréditaire, lui est obligatoirement due à l’ouverture de la succession.

Cette fraction peut varier en fonction de la situation familiale, mais elle demeure. Chaque personne peut donc utiliser sa quotité disponible, c’est-à-dire la part du patrimoine dont elle peut librement disposer, pour avantager certains héritiers, sans pour autant entamer la réserve héréditaire des autres.

En revanche, lorsqu’un héritier commet une faute grave à l’encontre du défunt, il peut être exclu de sa succession pour indignité successorale. Selon les cas, l’héritier peut être automatiquement exclu, ou ne faire l’objet d’une exclusion que si un autre héritier obtient la reconnaissance de cette indignité successorale en justice.

 

L’exclusion automatique de la succession


Une personne est automatiquement exclue de la succession lorsqu’elle a été condamnée à une peine criminelle, comme auteur ou complice pour :
 
  • Meurtre ou tentative de meurtre sur le défunt ;
  • Violences physiques ou psychologiques ayant entraîné la mort du défunt sans intention de la donner.
 

L’exclusion possible de la succession


L’exclusion de la succession peut être demandée par un autre héritier en cas de condamnation à une peine criminelle, comme auteur ou complice, pour tortures, actes de barbarie, violences volontaires, viol ou agression sexuelle sur le défunt.

Cette demande peut également être justifiée par la condamnation à une peine correctionnelle, comme auteur ou complice, pour laquelle le défunt a été victime de :
 
  • Meurtre ou tentative de meurtre ;
  • Violences physiques ou psychologiques ayant entraîné la mort sans intention de la donner ;
  • Tortures, actes de barbarie, violences volontaires, viol ou agression sexuelle.

Un héritier peut également être exclu lorsqu’il a été condamné des faits suivants, à l’encontre du défunt :
 
  • Témoignage mensonger ou dénonciation mensongère pouvant entraîner une peine criminelle ;
  • Non-assistance en présence d’une menace de crime ou de délit contre l’intégrité corporelle et ayant entraîné la mort, alors qu’elle était sans risque.

Si l’héritier est condamné avant le décès du défunt, la demande doit être faite dans les 6 mois suivant le décès. Si la condamnation a lieu après le décès, la demande doit être faite au maximum 6 mois après le rendu de la décision de justice.

 

Les conséquences de l’indignité successorale


Lorsqu’un héritier est reconnu indigne, il ne peut évidemment pas hériter, mais doit également rendre les avantages qu’il a pu recevoir.

En revanche, cette indignité ne se répercute pas sur les descendants de l’héritier. Ainsi, les petits-enfants ne peuvent pas être déshérités en raison du comportement de leurs parents.
 

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